La Lenteur
"[...] L'homme au casque, avec sa drôle d'intonation, répète : "Je viens de vivre une nuit tout à fait merveilleuse." Le chevalier hoche la tête comme s'il disait oui, je te comprends, ami. Qui d'autre pourrait te comprendre ? Et puis, il y pense : ayant promis d'être discret, il ne pourra jamais dire à personne ce qu'il a vécu. Mais une indiscrétion après deux cents ans est-elle encore une indiscrétion ? Il lui semble que le Dieu des libertins lui a envoyé cet homme pour qu'il puisse lui parler ; pour qu'il puisse être indiscret en tenant en même temps sa promesse de discrétion ; pour qu'il puisse déposer un moment de sa vie quelque part dans l'avenir ; le projeter dans l'éternité ; le transformer en gloire. "Tu es vraiment du XXème siècle ? - Mais oui, mon vieux. Il se passe des choses extraordinaires dans ce siècle. La liberté des moeurs. Je viens de vivre, je le répète, une nuit formidable. - Moi aussi", dit encore une fois le chevalier [...]"
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Alors j'ai réouvert le bon vieux "Art du Roman", me glissant aisément dans ses lignes et prenant cette première partie du roman comme une introduction à son oeuvre tout entière, pour mieux appréhender "La lenteur".
Lorsqu'ensuite j'ai ouvert à nouveau le livre, je m'y suis immergée avec une facilité déconcertante. Et dès que les fils de l'histoire ont commencé à se mettre en place, les deux fils parallèles, et bien je n'ai plus pu m'empêcher de parcourir ces lignes^^ Je n'ai pas encore terminé, mais pour le moment, je trouve ce roman tout simplement magnifique.