Milan Kundera : La variation à l'oeuvre
essai sur l'oeuvre romanesque de Milan Kundera

La Valse aux adieux

 


"Un rideau magique, tissé de légendes, était suspendu devant le monde. Cervantes envoya don Quichotte en voyage et déchira le rideau. Le monde s'ouvrit devant le chevalier errant dans toute la nudité comique de sa prose... C'est en déchirant le rideau de la préinterprétation que Cervantes a mis en route cet art nouveau ; son geste destructeur se reflète et se prolonge dans chaque roman digne de ce nom ; c'est le signe d'identité de l'art du roman."


 
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firas  [ site ]

Paris, 17 aout 2008, 14:58

Le rideau, essai en sept parties publié par Kundera en 2005, ressemble à une tombée de rideau sur l’œuvre du romancier. L’auteur y aborde les thèmes centraux de son œuvre : l’art du roman hérité par Cervantes (Don Quichotte) et Rabelais, le rire, le kitsch et la dimension existentielle du roman. Kundera y aborde également (avec plus ou moins de succès) d’autres thèmes aux allures de fin de règne : la mémoire, l’oubli, le caractère éternel du roman.

Si cet essai reste indispensable pour tout passionné de l’œuvre de Kundera, il s’inscrit profondément dans cette œuvre (le lire tout seul sans avoir lu l’œuvre de Kundera serait une déception) dont il constituerait la triste fin. L’essai s’achève en effet dans une affirmation rapide et désabusée du caractère “périssable du roman”.

On y retrouve néanmoins (rarement…) les éclairs de génie de l’auteur, ces réflexions aux allures anodines mais qui laissent pantois, comme après une décharge électrique. Les réflexions sur la “beauté d’une soudaine densité de la vie”, la démystification du kitsch (comme une variation de la vulgarité) et de la logorrhée mondiale (”la lecture est longue, la vie est courte”) constituent quelques exemples de ces émotions uniques que Kundera seul sait donner à ses textes. Bref, à lire… mais après les autres écrits de l’auteur.